Un moment à Strasbourg
Un jour à Strasbourg, dans la gare, une femme est venue me parler. J’étais assis avec mon ami, chacun absorbé par son téléphone, et moi j’étudiais le français sur Duolingo. Elle a entendu et a commencé à s’intéresser à moi, me demandant d’où je venais. Je suis resté assis, hésitant à faire un geste simple : lui proposer de s’asseoir et continuer la conversation. Elle se déplaçait légèrement d’un pied sur l’autre, visiblement un peu mal à l’aise. Ses yeux étaient remplis d’intérêt et d’envie de faire ma connaissance, et moi, paralysé par la peur du jugement et de ma propre maladresse, je ne me suis pas levé. Elle est repartie doucement à sa place, et je me suis retrouvé avec ce sentiment amer de l’avoir perdue.
Ce petit moment m’a profondément marqué. Je l’ai vue partir quand son train est arrivé, et son regard restait avec moi un instant, comme si elle pressentait que notre rencontre serait éphémère. Par la suite, je suis retourné plusieurs fois à la gare, conscient que ce moment ne pouvait se répéter : comme l’eau qui coule dans la rivière, certaines occasions ne reviennent jamais. Cette expérience m’a rappelé combien il est précieux d’agir avec sincérité et courage dans les instants qui comptent.
Mon attachement à Strasbourg s’est renforcé au fil des années. Après avoir admiré Paris, sa grandeur et son architecture, Strasbourg m’a encore plus captivé par sa compacticité, son centre européen vibrant, où à Noël se rassemblent des gens de toute l’Europe. Les quartiers comme Petit France, la cathédrale majestueuse, les tramways uniques qui grincent dans les virages, chaque pavé et chaque banc avec ses imperfections — tout cela reste gravé dans ma mémoire. Ces souvenirs, mêlés à l’expérience de cette rencontre manquée, ont continué de mûrir en moi. C’est seulement ces derniers temps, avec les circonstances qui me le permettent enfin, et grâce à ce site que j’ai découvert presque par hasard, que je peux chercher une rencontre sincère, partageant ce goût pour la vie, l’attention et la présence de l’autre.
JTaimerais


























